Et si la solitude était un atout plutôt qu’une peur?

l'avantage de la solitude en voyage

Tout part d’un constat, la peur de la solitude.

Une étude récente (2020) montre que 78% des femmes n’ont pas encore tenté l’aventure en solo car leurs principaux freins sont : l’anxiété d’être seule (44%), la sécurité et l’organisation. Je suis surprise par ce chiffre : 44%. Presque une femme sur deux !

Aujourd’hui, j’ai envie de m’intéresser au “pourquoi” de cette peur et surtout “comment” la surmonter. Je ne suis pas une experte ni psychologue mais, je souhaite t’apporter le témoignage de ma propre expérience.

Pourquoi as-tu peur de la solitude?

peur de la solitude

Tout d’abord, j’ai commencé à faire quelques recherches sur l’origine de ce mot. Dans l’étymologie, la solitude, ou le mot “seul” vient du latin “solus” qui signifie aussi isolé, délaissé, désert, solitaire. Je m’aperçois au fil de mes recherches que la solitude a une connotation assez négative et parfois effrayante. J’ai aussi remarqué qu’on associait souvent le mot “solitude” à “l’isolement” ou à “l’abandon”.

En parallèle, au moment du lancement de ce blog, j’ai demandé à des femmes de répondre à un questionnaire. Le but était de connaître leurs craintes face au voyage en solo et leur déclic (si elles en avaient eu un). J’ai pu observer un vrai paradoxe. D’un côté le besoin de se retrouver soi-même et d’être seule comme déclic pour partir. De l’autre, l’identifier comme une crainte récurrente et un obstacle au voyage en solo

Je pense, à titre personnel, qu’au-delà de la solitude en voyage, il y a la crainte de quitter son chez-soi, ses habitudes et surtout les interactions sociales quotidiennes dans notre zone de confort. Devoir tout reprendre à zéro ailleurs peut faire peur. Le fait d’être seule et de n’avoir personne pour t’accompagner, ou te défendre en cas de problème peuvent accentuer cette peur.

Par ailleurs, être seule signifie aussi devoir faire face à soi-même et à ses propres émotions. Cela peut être un vrai challenge pour certaines d’entre nous.

 

Comment peux-tu vaincre cette peur ?

surmonter la crainte d'être seule

  • L’accepter tout simplement (ou pas si simplement d’ailleurs…). Disons que tu peux déjà accepter que tu vas forcément te retrouver seule à un moment. Mais que cette solitude est passagère. Par exemple quand tu prends l’avion, ou quand tu arrives dans une nouvelle ville. Petit à petit si tu acceptes cette solitude passagère, tu devrais te sentir plus à l’aise.

 

  • Si cette peur est quasi phobique chez toi ou, que rien que d’y penser te met dans tous tes états, il s’agit peut-être d’une peur liée à l’abandon qui vient de ton passé. Je ne suis pas psychologue (loin de là) mais je te conseille le livre de Lise Bourbeau, “Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même”. Il t’apportera peut-être des éléments de réponse et t’aidera à avancer sans dépenser des fortunes dans une psychothérapie (car n’oublions pas que tu dois économiser pour partir!).

 

  • Profite des autres. Attention, je ne parle pas d’arnaquer les autres et de profiter de leur gentillesse, mais plutôt de profiter de leur énergie. Honnêtement, quand tu voyages seule, tu ne peux pas être au top de ta forme 7/7, 24/24, c’est impossible. Appelle tes amis en visio quand ça ne va pas ou discute avec les gens autour de toi. Il suffit d’une personne qui soit dans un bon état d’esprit pour te redonner la patate.

Voici quelques idées pour t’occuper si tu te sens seule :

  • Pense à quelque chose qui te plaît. Laisse ton esprit vagabonder et laisse libre court à ton imagination.

 

  • Écris un carnet de voyage ou un carnet de bord de ta vie. Voici un site qui propose 1001 manières de tenir un journal. C’est d’ailleurs mon passe-temps préféré ! Il me permet de faire un point avec moi-même. Je vis à 100 à l’heure et je suis tellement dans l’action que je ne prends pas le temps de réfléchir à ce que je ressens. J’aime les moments de solitude pour écrire dans mon carnet de voyage. Cela me permet de mettre à plat mes anecdotes bonnes ou mauvaises, de relater de mon état d’esprit et parfois même de déverser ma colère, ma frustration ou mon manque évident de fromage français !

 

  • Créé-toi des routines. Fais du sport, lis, participe à des activités régulières… Lorsque j’étais à Port Douglas (en Australie), il y avait tous les matins des cours de Yoga gratuits dans le parc. Je suis également une adepte des marchés en tous genres (nourriture, vêtements, maroquineries, bijoux…). Même si j’achète rarement (car il faut savoir s’abstenir quand ta maison est un sac à dos), j’adore déambuler dans les allées, observer l’agitation, sentir les odeurs. Cela m’occupe et je prends plaisir à flâner sans contrainte de temps ou contrainte d’une amie qui me dirait “Allez, on bouge ?”.

 

  • Rencontre d’autres personnes et ne te laisse pas envahir par une solitude pesante.

 

  • Dessine même si tu n’es pas douée comme moi. Je suis lente et mes dessins sont dignes d’un enfant de 10 ans. Mais on s’en fou. J’aime bien me prendre pour une artiste, crayon à l’oreille, le temps d’un instant. C’est amusant de voir les passants autour de toi jeter un œil au-dessus de ton épaule en pensant observer le travail d’une grande artiste (parce que oui, j’étais concentrée et appliquée tout de même) alors que ton dessin ressemble à ça :

dessiner-en-voyageant-seuledessiner-en-voygeant-seule

Dessin

Vs

Réalité

 

 

 

 

On ne va pas se mentir, ma carrière d’artiste est très incertaine. Cependant, pour la première fois, j’ai pris du temps pour moi et j’ai pris un plaisir fou à faire ce dessin. (Tu as le droit de quitter cette page si tu me prends pour une dingue).

 

J’aimerais te faire prendre conscience aujourd’hui qu’il y a deux types de solitude. Celle subie et celle choisie.
Et si tu décidais de choisir tes moments de solitude et d’en faire quelque chose de positif ?

Je te propose un exercice.

Si la peur de voyager seule est ton frein principal, je t’invite à répondre à 3 questions :

  1. Combien de temps peux-tu passer seule ?
  2. Qu’est-ce que tu ressens au moment où tu atteins ton seuil de tolérance à la solitude ?
  3.  Quelles sont les solutions que tu mets en place ?

Je ne pourrais pas répondre à toutes ces questions pour toi, car nous n’avons pas les mêmes seuils de tolérance ni les mêmes angoisses face à la solitude. En revanche, j’espère pouvoir t’aider à “mesurer” cette tolérance et, qu’à travers cet article, j’ai pu t’apporter quelques solutions que tu pourras mettre en place dans ton quotidien pour mieux l’appréhender.

 

Pour aller plus loin,

Voici quelques ressources inspirantes

de femmes qui ont voyagé seules (et qui s’en sont pas trop mal tirées)… Histoires vraies :

Tu es plutôt livres :

  • voyager-seule“l’art de voyager seule quand on est une femme” de Aude Mermillod. Il s’agit d’un e-book. Aude a écrit ce bouquin témoignage que je trouve intéressant pour les débutantes du voyage solo. Elle y parle du choix de partir seule, comment se préparer, les relations, la sécurité et apporte pas mal d’astuces pratiques du quotidien.

 

  • le-voyage-interdit“Sepper Hero” de Marine Barnérias. Marine découvre à 21 ans qu’elle est atteinte d’une sclérose en plaques. Les médecins lui proposent des traitements lourds. Elle décide, à la place, de partir seule (sans son copain) au travers de trois pays : la Nouvelle-Zélande, la Birmanie et la Mongolie. Le but est de se reconnecter à son corps, son esprit et son âme. J’ai découvert ce livre presque en même temps que ma propre maladie. Ce livre m’a regonflé à bloc et il m’a permis de me rendre compte que tout est possible si tu t’en donnes les moyens!

Tu es plutôt films :

  • wildWild, de Jean Marc Vallée. Suite à son divorce, la mort de sa mère et une descente aux enfers dans la drogue, elle se lance dans une marche à pied de 1700km seule dans le chemin des crêtes du Pacifique. J’ai trouvé ce film bouleversant et authentique. On partage avec elle ses angoisses et ses doutes, mais aussi l’euphorie, ses rencontres (parfois inattendues) et le dépassement de soi.

 

  • tracks-voyager-seuleTracks, de John Curran. Une jeune femme a le rêve complètement fou de traverser le désert Australien avec des chameaux et son chien. Elle est suivie par un photographe du National Geographic qui la rejoint (et la perturbe aussi) tout au long de son périple. Tout comme dans Wild, nous partageons toutes les émotions bonnes ou mauvaises vécues par Robyn Davidson. Une histoire vraie tellement inspirante.

Tu es plutôt TedTalk :

Jessica pommier. Elle nous partage en seulement 15 minutes son épopée. À 30 ans, elle décide de partir seule pendant un an autour du monde. Elle nous partage dès le début sa peur de la solitude. Cependant, elle a décidé “d’expérimenter une solitude créatrice, plutôt que destructrice”. Elle nous parle de son déclic, de la manière dont elle a utilisé ce voyage d’un point de vue professionnel, de ses formidables rencontres, l’importance de faire confiance à son intuition et tout un tas d’autres choses. Je vous laisse la découvrir… Par ailleurs, elle vient de lancer son podcast: TukTuk embarquement e-media où elle partage ses anecdotes, itinéraires, bons plans, ressources documentaires par lieu.

Si tu as d’autres histoires inspirantes de femmes qui voyagent seule, n’hésite pas à les partager en commentaire.