Annoncer son départ en voyage solo sans déclencher une guerre

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Comment vais-je leur dire ? Qu’est-ce qu’ils vont en penser ? Et s’ils ne me soutiennent pas ? Et s’ils avaient raison ? Autant de questions qui te passent par la tête, et aujourd’hui, je vais te donner les clés pour réussir au mieux l’annonce de ton départ en voyage solo.

Je vais commencer par ce qu’il faut éviter de faire (et clairement ce que moi j’ai fait).

J’ai enchaîné les décisions importantes et j’ai rapidement tout déballé à mes parents:

  • Je n’ai pas signé le CDI que l’on m’a proposé (ce graal tant attendu dans une carrière).
  • Je viens de recevoir mon visa pour la Nouvelle-Zélande (Permis Vacances Travail). Je pars dans 3 mois maximum et pour une durée d’un an.
  • Je vais mettre mon appartement en location (oui, l’appart que j’ai acheté il y a 6 mois, pour lequel j’ai contracté un crédit sur 20 ans et que j’ai rénové avec ma famille ces derniers mois).
  • Ah! Et aussi, je pars seule avec un sac à dos ! (Born to be wiiiild…)
  • Et le pompon sur la pomponnette, cela faisait 6 mois que j’étais en rémission d’une maladie chronique que je découvrais à peine. (Je parlerai de la maladie et le voyage dans un prochain article 😊)

Allez hop! Avalez ça, digérez-le et surtout ne me dites pas que je fais une une grosse bêtise!
Le fait d’être sûre de mon départ au moment de l’annonce ne leur a pas vraiment laissé d’autre choix que d’accepter la situation. Et, en même temps, cela fait beaucoup de décisions importantes à intégrer rapidement. Il faut trouver le juste milieu. Heureusement mes parents ayant voyagés et, étant habitués à mes folies, ils ont été assez compréhensifs, quoique très inquiets pour ma santé.
Donc, si tu veux éviter la crise cardiaque, oublie cette méthode !

Deux options s’offrent à toi :

  • Soit tu commences à parler de ton idée par-ci par-là lors de moments informels et tu prends la température.
  • Soit tu gardes ça secret jusqu’à ce que tu sois sûre à 100% de ta décision. L’idée est que tu aie déjà commencé les préparatifs. Achat d’un sac à dos, un billet d’avion ou obtention d’un visa par exemple.

Avec la première option, tu risques d’être découragée avant d’avoir entrepris quoi que ce soit. Tout le monde parle de ce rêve de voyage, mais aussi du fait que « c’est impossible, » que « c’est compliqué à organiser », « qu’on ne peut pas survivre seule dans ce monde de dingue » ou encore que « ça coûte cher » … Tu risques d’entamer un bras de fer entre l’ange responsable et le démon aventurier sur tes épaules, et ne jamais te lancer.

La seconde option me semble plus adéquat pour plusieurs raisons. Le simple fait d’avoir commencé à planifier ton départ rend les choses plus concrètes. Ce n’est plus une vague idée : tu vas le faire! Cela implique aussi que tu as déjà réfléchie à ton projet et que ce n’est pas quelque chose que tu prends à la légère.
Essaye de préparer des réponses à toutes les interrogations de tes proches.
Partir en solo, l’éloignement, la santé, ton avenir professionnel et la sécurité vont être leurs premières inquiétudes.

  • Explique-leur que voyager solo quand on est une femme est de plus en plus commun et que cela ne signifie pas que tu seras seule ou isolée durant ton voyage. Une étude réalisée par Hostelworld montre une augmentation de 45% des réservations pour les femmes seules entre 2015 et 2017. Tu n’es donc pas la première à te lancer.
  • Prend le temps d’installer une application (Whatsapp, Skype, Viber…) sur le téléphone de tes proches et fais des essais avec eux avant ton départ. Pendant ton voyage, prévois un rendez-vous régulier avec eux pour les rassurer.
  • Explique-leur que tu as comparé plusieurs assurances : Chapka, ACS, Allianz… (je ferai un article spécifique là-dessus) et pas d’inquiétude, le rapatriement est inclus!
  • Pour ton avenir professionnel, sache que c’est dans l’air du temps de voyager, de faire une année de césure durant ses études, de partir en PVT… Cela peut être valorisé dans un CV et perçu comme un atout auprès des employeurs.
  • Quant à la sécurité, sache qu’en France, d’après l’INSEE, 21% des français se déclarent « ne pas se sentir en sécurité » dans leurs propres villes/quartiers. Une autre étude montre que les statistiques de la délinquance sont en hausses en 2019. Ces chiffres ne sont pas fait pour t’effrayer, mais simplement pour t’aider à faire prendre conscience à ton entourage que la France n’est pas le pays le plus sécurisé au monde. Tu as grandi dans un pays où tu fais déjà attention au quotidien et tu redoubleras de vigilance ailleurs.

Souviens-toi que c’est TA décision et qu’à moins que tu sois mineure (ou sous tutelle), cela signifie que tu as la capacité de faire tes propres choix. Pense aussi que ce que les autres te renvoient, ce sont leurs propres peurs et tu n’as pas à porter ce poids. Fais ce que tu peux pour rassurer tes proches, mets toi à leur place et dis leur que tu comprends mais affirme ta position.

Être jaloux ou envier l’autre sont aussi des raisons pour lesquelles tu ne seras pas soutenue. Dans le film « mange, prie, aime » par exemple, lorsque l’amie de Julia Robert l’emmène à l’aéroport, elle lui avoue « Tu sais pourquoi j’ai été aussi dure avec toi ? J’adore mon travail, mon mari, mon enfant mais… j’aimerai tellement partir. ».

Enfin, pour clôturer la conversation tu peux utiliser la question qui tue : « Vous ne pensez pas que j’en sois capable ? ». En général les parents ne veulent pas dire à leurs enfants qu’ils ne sont pas capables de réaliser quelque chose. Si malgré tout ils vous disent non, demandez-leur d’argumenter et essayer de trouver un moyen de les rassurer.

Enfin, dernière chose, reste calme et compréhensive.

On évite l’agression ! Ce sont souvent nos parents et nos grands-parents qui seront les plus difficiles à convaincre. Garde en tête que nous ne sommes pas de la même génération, que le modèle de société évolue. Les ordinateurs, le téléphone portable ou encore internet n’existaient pas à leur époque. Ils vont sans doute s’imaginer à ton âge en se disant que cette expérience est très risquée.

N’hésite pas à les rassurer sur le fait qu’aujourd’hui, il y a du wifi partout dans le monde, qu’en deux clics on peut trouver un hébergement, un restaurant ou un transport. Pense au fait que nos parents ont grandi avec pour objectifs de trouver un travail (avoir un CDI), avoir un bon mari, acheter une maison, avoir des enfants. Ce modèle un peu cliché de la société représente l’accomplissement d’une vie, on devient heureux si on coche toutes ces cases (et le voyage n’en fait pas partie).

Aujourd’hui, le monde évolue à une vitesse folle. Voyager est entré dans les mœurs et fait partie de notre génération. C’est devenu simple et pas cher. Internet regorge de données, les blogueurs vous donnent les meilleurs spot, hébergements, resto … Laisse donc le temps à tes proches de digérer tout ça.

Ton entourage est toujours septique sur le fait que tu vas t’en sortir ?

Fais un test pour quelques jours. Pour ma part, je suis partie en Corse 5 jours sans préparer mon voyage (c’était voulu) et avec la contrainte de ne pas payer un seul hôtel. J’ai fait deux couchsurfing, deux campings, une auberge de jeunesse et j’ai dormi chez une connaissance. Avoir un toit sur ma tête était sans doute la chose qui me stressait le plus. C’est aussi l’une des plus grosses dépenses en voyage et je voulais tenter des alternatives. En partant en Corse, je me suis dit que j’étais toujours dans ma zone de confort (mon pays, ma langue), et que la prise de risque était acceptable pour moi. J’ai passé des moments absolument magiques et j’ai fait de très belles rencontres (toutes éphémères mais fortes).

Pour la petite anecdote :

Une amie m’a annoncé il y a peu qu’elle voulait partir en Australie. Ma première réaction (malgré mon expérience) a été de lui dire « Mais tu es sûre ?! Ce projet, ce n’est pas juste un coup de tête ? ». Et quand bien même, pourquoi pas. Cela ne signifie pas qu’elle va se mettre en danger ou faire les mauvais choix.
Cela peut être perçu comme un coup de tête du point de vue de la personne qui reçoit l’information mais, c’est sans doute un projet qui lui trotte dans la tête depuis longtemps. Elle n’avait pas eu l’opportunité d’en parler jusqu’à maintenant. Elle m’a expliqué son projet et j’ai vite compris qu’il fallait que je la soutienne plutôt que de la dissuader. Mon amie m’a rassurée…